« Celle-ci dura dit-on cent ans…Comme le gel et la peste, la guerre s’abat sur la campagne quand on s’y attend le moins…de préférence quand le vin est en cave et la fille jolie »… Ainsi commence la superbe trilogie de Bourgeon Les compagnons du crépuscule et l’épopée de Mariotte « culettant » aux cotés de l’Aninet et du chevalier vers un sombre destin…
L’histoire se situe au début de la guerre de cent ans, à une période où magie, conquête et périples étaient indissociables. Trois compagnons de fortune vont se retrouver bon gré, mal gré, ensembles : Mariotte, jeune fille pulpeuse haïe par ceux de son village car elle pratique à leurs yeux la sorcellerie et qu’elle est rousse ; un chevalier sans visage à la destination inconnue et aux buts imprécis et enfin l’Anicet, un garçon un peu benêt sur les bords et qui se laisse vivre.
Tout trois donc vont se retrouver dans une quête éperdue, longue, confrontés à la magie ; et vont tenter tant bien que mal de s’en sortir.

Au milieu du XIVième siècle, la guerre de cent ans fait rage. La vie dans les campagnes est souvent hasardeuse, les compagnies militaires, ennemies ou amies, pillant sans discontinuer les villages. Mariotte, jeune fille solitaire, va être indirectement responsable du pillage du village voisin, où elle n’est guère appréciée. Chassée par sa grand-mère, elle suivra un mystérieux chevalier solitaire, qui recrutera aussi Anicet, seul rescapé du massacre. Lors de leur fuite, ils s’endorment dans le bois des brumes. Commence alors une quête onirique contre la Malbête.
Lors de leur réveil, les trois compagnons se rendent compte que ce périple aux pays des rêves n’est pas moins dangereux que la vie réelle. D’ailleurs, soupçonnée d’avoir participé au pillage d’un village, Mariotte, abandonnée par Anicet, échappe de peu au lynchage.
De retour auprès du peuple des brumes, en compagnie de Yuna, une fillette aux étranges pouvoirs, Mariotte pénétrera dans la ville glauque des terribles Duhars, qui participent à la force noire que cherche à détruire le mystérieux chevalier.
Mariotte, Anicet et le chevalier iront se réfugier dans la ville de Montroy pour passer l’hiver. Le chevalier en sait plus qu’il ne veut bien le dire sur la Dame du château, la sombre Neyrelle, et sur la légende des sirènes dont descend la châtelaine.
Cette série, très documentée, est avant tout la découverte d’un univers mêlant le réalisme de l’époque du Moyen-Âge et le fantastique. Dans celle-ci, les créatures fantastiques et les forces mystiques font partie intégrante du monde mais ne sont visibles que pour les personnes qui veulent bien les voir.
Cette série courte est inédite dans son genre : le langage tout d’abord est très imagé et donc très amusant ;
le dessin ? C’est du Bourgeon tout craché rien à redire, l’histoire est rythmé et donne une bonne idée de l’époque, les décors sont magnifiques, les personnages ont chacun un caractère propre et une histoire personnelle,…
Bref cette série est tout bonnement splendide tant au niveau du graphisme qu’au niveau du scénario. On peut relire cette série des dizaines de fois sans se lasser (le pire c’est qu’on découvre toujours un petit détail au niveau du scénario ou du dessin qu’on avait pas vu). Une BD à lire et à relire.

Dessin – François Bourgeon
Scénario – François Bourgeon
Editeur – Casterman
Tomes publiés :
Tome 1 : Le Sortilège du bois des Brumes (1983)
Tome 2 : Les Yeux d’étain de la ville glauque (1986)
Tome 3 : Le Dernier chant des Malaterre (1990)
Tomes à paraître – 0 – série complète
Hors série : Dans le sillage des sirènes (1992) Michel Thiebaut
Film – Projet de film jamais abouti
http://www.coinbd.com/…
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http://ybocquel.free.fr/…
©2010 Sylvain Lys, shlokapics.fr. -
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